Comme une vilaine boule dans la gorge…

Cet article, je le redoute depuis un moment mais en même temps, il faut que je l’écrive…
Je te le dis tout de suite, ce sera long et pas très drôle alors si tu veux passer ton chemin, je comprends.

J’ai cette vilaine boule dans la gorge parce que dimanche arrive la sacro-sainte Fête des Mères. Ah la Fête des Mères…

J’ai chialé ma race hier soir parce que la crèche a fait faire à mon petit Babachon une boîte à mouchoirs personnalisée avec ses petites mimines en peinture et son prénom. Je te raconte pas comment j’ai chialé toute seule sous ma douche. Elle grandit trop vite et voilà, ça y est, tous les ans, si la vie me donne cette chance, j’aurais un petit cadeau fait avec ses mimines et ça m’a émue. (Ouais, ouais, chuis trop une guimauve, on se refait pas ! )

J’ai une vilaine boule dans la gorge parce qu’avec dimanche qui arrive, bin, ça me rappelle que moi, ma mère n’est plus là. Alors non, elle n’est pas décédée, elle est « juste » alcoolique. Elle est dépressive depuis des années et puis comme les cachets n’ont sans doute pas suffit, elle y ajouté l’alcool.

Ca fait 2 mois que je n’ai aucune nouvelle d’elle. Ma fille est née le même jour qu’elle ( t’as vu l’ironie du sort ?) et elle n’a même pas appelé pour lui souhaiter son anniversaire et ça été mon déclencheur. On peut me faire des crasses mais à ma fille, ce n’est juste pas acceptable.

Des crève-cœur, je pourrais en écrire un roman…Si, si, je t’assure. C’est très moche l’alcoolisme, ça détruit la personne qui en est malade mais ça détruit aussi toute une famille.
Mes parents sont séparés depuis 7 ans et depuis, la descente aux enfers a été crescendo : ces fois où tu arrives chez elle et qu’elle ne reconnaît même pas ton mari, où tu la couches parce qu’elle est trop ivre…Ces innombrables tentatives de suicides…Les visites en hôpital psychiatrique, les cures ratées, les mensonges…Ces fois où elle s’alcoolise sous ton propre toit, que tu manques de la gifler parce que tu es à bout de nerfs, qu’elle a bu le whisky que tu avais acheté à ton mari pour son anniversaire…Ces fois où tu dois aller récupérer ta robe de mariée avec elle, histoire de dire que tu partages encore des choses avec elle, mais qu’elle t’appelle en manque pour que tu appelles SOS Médecins…Ce jour où tu l’appelles pour lui annoncer la naissance de ta fille et lui souhaiter son anniversaire et qu’elle est à l’hôpital, complètement ivre à 9h du matin…Les appels des assistantes sociales, les démarches de mise sous tutelle…Je vais m’arrêter là, j’en ai pour la nuit.

Je vais être honnête, quand j’ai su que j’attendais une fille, j’ai pleuré comme une merde en sortant du cabinet parce que dans ma tête, Babachon va forcément me détester et on aura une relation de merde toutes les deux. Aujourd’hui, je me bats tous les jours pour lui donner toutes les raisons de m’aimer et d’être fière de moi. L’inverse fait juste trop de mal et je veux lui épargner tout ça.

Certaines personnes m’ont jugée et me jugent toujours d’avoir laissé ma mère et de ne pas l’aider. A ces gens-là, j’aurais envie de dire : « Prenez ma place, prenez la douleur que ses actes entraînent et surtout ne croyez pas que je n’ai pas essayé de toutes mes forces.  »

J’ai enfin fermé la porte derrière moi après des années de souffrance parce que je refuse qu’elle m’entraîne avec elle.
Je ne dis pas qu’aujourd’hui, je ne souffre plus parce que je souffre de son absence et à la simple idée de ne pas l’appeler dimanche, j’ai le cœur en miettes malgré le fait que je m’y prépare depuis des semaines à cette foutue boule dans la gorge.

C’est comme devoir faire un deuil impossible parce que malgré tout, je ne peux m’empêcher de penser à tout ce qu’elle loupe avec sa petite-fille, tout ce que nous deux on loupe ensemble, toutes ces étapes de jeune maman que j’aurais voulu partager avec elle et dans lesquelles je me sens affreusement seule. Seule parce que nous séparent les bouteilles de binouze qu’elle s’enfile à longueur de journée.

Voilà, alors dimanche, j’aurai, je le sais, cette vilaine boule dans la gorge, peut-être même qu’elle sortira sous forme de larmes et c’est pas grave. Tu sais pourquoi ? Parce que j’ai la plus belle des boîtes à mouchoirs pour essuyer mes larmes ! ❤

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17 réflexions sur “Comme une vilaine boule dans la gorge…

  1. J’en ai les larmes aux yeux….ton texte est très touchant et pour être infirmière et avoir vu des choses pas très jolies dans mes études. .je n’ai qu’un mot à te dire….je te comprends il y a des soiffrances qui pour permettre de vivre doivent être occultés et d’agir ainsi nest pas une faiblesse mais une force car tu te proteges certes mais tu veux avant toit proteger ta petite Rose…moi je suis fière d’avoir eu une meilleure amie d’enfance comme toi…et reste telle que tu es..tu es une maman formidable et ta petite Rose elle a bien de la chance et elle le sait..

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  2. Oh ma poulette! Moi aussi je chiale de te lire.. C’est moche! Mais soit tu la suivais dans sa descente aux enfers soit tu vivais. C’est pas être égoïste c’est une question de survie! N’oublie pas une chose cocotte TU N’ES PAS TA MÈRE!!! Tu es consciente des erreurs qu’elle a fait, tu ne feras pas les mêmes car TU N’ES PAS TA MÈRE! J’ai le même ressentie avec ma belle mère (la maman de mon chéri) sauf qu’elle elle est pas malade contrairement a ta maman. Tu vois quand mon fils est né et qu’elle est venu le voir elle a sortie « si ca avait été une fille je me serais lacher d’avantage en cadeaux » mon fils va avoir 3 ans il n’a aucun contact avec sa famille maternelle qui vit sans un cercle de 30 km autour de chez nous! Tu ne peux pas sauver ta mère malgré elle! Tu es une maman formidable soucieuse du bien être et du bonheur de sa fille. Pleins de bisous et un énorme câlin virtuel ❤

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  3. Tu as vécus des choses très dur, faire le deuil de quelqu’un qui est en vie c’est la chose la plus difficile.Tu as essayé de lui tendre la main elle a reculé de 10 pas, tu ne peux rien faire de plus a part te protéger toi et ta fille. Tu es et seras une super maman car tu as l’exemple de ce que tu ne veux pas être. Gros bisous

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  4. Je pleure en lisant ton recit tu fais preuve de courage en protegeant ainsi ta famille. Quant a ceux qui te jugent laisses tomber ils n ont rien compris. Je te fais des bisous et essayes de profiter de ta fete des meres

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  5. Voilà que je sèche devant mon clavier, ne sachant pas trop quoi te répondre… J’ai envie de te dire plein de choses, mais j’ai surtout envie d’éviter toutes les banalités d’usage. Je crois que personne ne peut se mettre à ta place, et je ne suis même pas sûre de réussir à imaginer ce que tu traverses. Du coup, je m’abstiens de tout conseil ou de toute tentative de consolation.
    Mais je te fais mille baisers de soutien, et je te souhaite une belle fête des Mamans avec ton « Babachon » ! ❤

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  6. Oh, je me retrouve. J’ai surtout eu une période de colère. j’étais très en colère contre elle. Pendant des années. Elle n’a pas été présente non plus pendant ma grossesse, encore moins pendant ma première année de maman. J’allais la voir juste pour ma fille et mes frères. Et la colère est passée, quand j’ai accepté qu’elle n’est pas une mère parfaite. Je voulais un garçon et qui ressemble à son père de peur de faire pareil qu’elle et j’ai une fille, qui est mon portrait craché.
    Mais je ne suis pas elle, je ne suis pas responable d’elle. Je ne culpabilise plus.
    Et depuis janvier, elle s’est arretée de boire, je découvre ma mère, je passe du temps avec elle et je lui dis que je suis fière d’elle.
    Mais je sais ce que c’est, cette boule au ventre ˆˆ
    Alors, oui tu as très belle boite à mouchoirs! Et c’est le principal! ❤
    Et je te souhaite qu'elle se reveille pour vous retrouver.

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  7. Je suis arrivée sur ton blog par hasard et ton article me parle tant… C’est mon père qui a ce travers, ma mère elle est dépressive. (bon, on a assez pleuré, c’est pas ça que je voulais dire !)
    Je voulais te dire qu’on peut malgré tout devenir mère (mes filles ont 6 et 3 ans) et qu’on n’est pas obligées de reproduire le schéma (tout ça tout ça, tu vois…). La douleur ne disparait jamais, c’est un infini deuil je dirais, mais la vie reste possible ! (et heureuse, oui oui)

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  8. Pingback: Fierté et tristesse mélangées | Chroniques d'une maman noob

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