Le chemin est long

Le chemin pour se sortir d’une dépression et d’un burn-out est long. Semé d’embûches.
On se lève certains jours avec l’impression de n’avoir pas changé, de toujours ressentir cette souffrance, qu’on ne se sert à rien, que de toutes façons, on sera toujours comme ça.

Le chemin est long. C’est vrai. Parfois, je me demande si je serais de nouveau moi. Parce qu’au final, même si on guérit, il y a des conséquences, des dommages collatéraux à ces pathologies. Et ceux-là, on ne pourra jamais les réparer. On doit les assumer et les accepter.

Le chemin est long pour accepter. Pour accepter le mal qu’on nous a fait, ce qu’on a pu ressentir. Mon copain travaille toujours dans la boîte où j’ai fait mon burn-out. Quand on parle de boulot le soir, j’ai toujours le cœur qui s’emballe, la rage qui remonte et une envie d’exploser quand j’entends les énormités qui se passent là-bas.

Je ne leur pardonnerai jamais de m’avoir brisée. D’avoir brisé ma famille. De ne pas avoir entendu ma souffrance, mes appels au secours, d’avoir réussi à me persuader que j’étais juste une merde incapable d’effectuer les tâches qu’on me donnait. De m’avoir traité avec un irrespect sans fin. La haine n’apporte rien de bon mais dans mon cas, je ne suis encore pas prête à pardonner.
Quand je compare avec ce que je vis aujourd’hui, comme mes compétences sont exploitées à bon escient et comme je suis encouragée et remerciée régulièrement, je me dis : « Mais comment j’ai fait ?! Comment j’ai pu encaisser tout ça sans rien dire et détruire ma santé, ma sanité personnelle ?! »

Le chemin est long. Vraiment. L’important est de toujours se rappeler d’où on vient et là où on ne veut pas retourner.

Prenez soin de vous les biquous. Toujours.

J’aime ma boîte

Alors ça peut paraître fou mais ouais, j’aime ma boîte. Moi la nana qui ai fait un burn-out, j’aime ma boîte et j’aime mon job.

Je revis depuis que j’ai intégré ma nouvelle entreprise. Je fais ce qui me plaît, je voyage, j’intéragis avec des gens du monde entier et j’ai une équipe super.

A la fin de ma période d’essai, j’ai eu une grosse conversation avec ma boss parce que je voulais qu’elle sache pour moi. Je voulais qu’elle sache que j’avais été hospitalisée, que j’avais pété les plombs à cause de mon ancien boulot et que j’avais encore énormément de travail à faire sur moi pour aller mieux et me remettre de cet échec. Je lui ai avoué que j’allais toujours en thérapie 2 à 3 fois par mois. J’ai ressenti le besoin d’être honnête. Elle a écrasé une larme. Pour elle, c’est inconcevable qu’on pousse les employés à bout de cette façon, qu’on leur demande toujours plus, jusqu’à l’épuisement.
C’est inconcevable qu’une fille comme moi qui fait rire tout le monde et qui dispense de la bonne humeur à gogo puisse être en souffrance comme je l’ai été et comme je le suis encore parfois.
Elle m’a comprise, elle m’a acceptée comme je suis. Avec mon passé et mes faiblesses.

J’ai le bonheur de bosser pour une boite qui privilégie ses employés. Pour une cheffe qui félicite, encourage, fait rire, écoute et prend soin de ses employés.

J’ai le luxe de pouvoir bosser de la maison et garder Rose quand elle est malade. De pouvoir rentrer tôt si je veux passer un maximum de temps avec elle. D’aller à l’hôpital pour mes consultations sans jamais devoir me justifier.

Pour moi, c’est ça les entreprises de demain. Les entreprises qui croient en leurs employés, qui privilégient leur bien-être, qui leur donnent la liberté nécessaire d’être qui ils ont besoin d’être et d’avoir une vie privée et de famille équilibrée.

J’aime ma boîte. J’aime cette période de bien-être au travail après avoir vécu la pire période de ma vie.