Lettre à ma fille

Aujourd’hui, c’est la fête des mères mais c’est toi qui mérites la vedette.

Ma fille, merci d’être toi, d’être là.

Même si tu rends dinguo parfois, merci de tout résoudre avec ton rire ou ta répartie qui me laisse toujours sans voix.

Merci d’être si courageuse, si autonome, si pleine de vie, pleine d’empathie et si pleine d’amour.

Merci de toujours me réclamer ton histoire du soir, ton câlin avant de dormir et ta Gregre « parce qu’elle sent comme Mamoune ».

Merci de me faire découvrir le monde à ta hauteur et de remplir la maison de tes « chorés » de danse et de tes « chansons de kékés ».

Merci de donner un sens à cette vie un peu folle et du sens à ce monde qui part en vrille.

Tous ces mercis, je les accompagne malgré tout de quelques « Désolée ».

Désolée de n’avoir pas tout de suite réagi à ta souffrance. Désolée de t’avoir demandé de faire des efforts. Désolée de t’avoir dit que ça allait finir par s’arranger mais merci de t’être confiée à moi, d’avoir cherché refuge à mes côtés.

Ma fille, merci d’exister, merci d’avoir fait de moi une maman, parfois en carton, qui t’aime à l’infini.

Ma fille, juste merci.

Ta Mamoune.

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Une année sur deux

Voilà où nous en sommes rendues mon Amour, une année sur deux à ne pas partager le réveillon ensemble.

C’est la deuxième fois que tu ne seras pas avec moi pour le 24 décembre et quand j’y pense, les larmes me montent aux yeux.

Je lutte pour ne rien montrer, pour que tu sois la plus enthousiaste possible à cette idée mais je sais que c’est dur pour toi aussi. Tu me le dis, tu me le montres.

Tu sais que Noël ne s’arrête pas à une date. Pas pour nous.

Noël, c’est quand on le décide, le 25 au soir, le 26, le 27…Peu importe. Nous sommes plus fortes qu’un simple calendrier. Noël, c’est toute cette préparation qu’on fait à chaque fois que tu es là, c’est toutes ces conversations sur le Père Noël, ses lutins et toutes les blagues qu’on imagine qu’ils vont faire.

Ce nouveau mode de vie nous apprend beaucoup de choses à toutes les deux. Celle qui revient le plus souvent ? Le lâcher-prise.

Lâcher-prise devant le calendrier, lâcher-prise parce qu’on vit parfois les choses en décalé, lâcher-prise devant certaines attitudes, lâcher-prise devant des situations qui nous blessent et tellement d’autres choses encore.

Oui mon ChaCha, on est rendues à une année sur deux mais je reste ta maman à plein temps.

Est-ce qu’un jour ça passe ?

Je me pose pas mal de questions. Sans doute de celles que les parents divorcés/séparés se posent souvent.

Est-ce qu’un jour ça passe de pleurer quand ton enfant monte dans la voiture en route vers son autre vie sans toi ?

Est-ce qu’un jour ça passe cette culpabilité que ton enfant se coupe en deux pour être avec les deux parents ?

Est-ce qu’un jour ça passe ce goût amer d’avoir perdu une précieuse semaine quand ton enfant est chez toi et tu passes la semaine à disputer, reprendre, punir ?

On dit que le temps apaise toutes les blessures et c’est vrai. Je me demande juste, si un jour, tout ça, ça passe…

A vendredi prochain mon amour.

Je te vois

Je te vois, toi, la Maman qui coche les jours sur son calendrier.

Je te vois, toi, la Maman qui dit oui aux invitations de l’extérieur mais dont le cœur saigne quand il y a des enfants présents, qui te demandent où est ton enfant à toi.

Je te vois, toi, la Maman qui renifle en secret l’oreiller de ton tout-petit juste pour retrouver son odeur.

Je te vois, toi, la Maman qui essuie une larme quand elle croise un enfant de l’âge du sien dans la rue.

Je te vois, toi, la Maman qui se repasse toutes les vidéos et photos de son enfant pour que le manque soit moins intense.

Je te vois, parce que toi, c’est moi.

2 ans

Ça fait un moment que je n’avais plus écrit ici. Pas la motivation, pas l’inspiration et pas l’envie.

Seulement, aujourd’hui, c’est un jour particulier pour moi.

Il y a 2 ans, j’ai été hospitalisée en psychiatrie. Il y a 2 ans, ça a été le début d’une fin. Le début d’un nouveau commencement.

Il y a 2 ans, je me suis retrouvée dans un service où plein de gens gravitaient autour de moi, me posaient plein de questions et moi, au milieu, je me demandais ce que je faisais là. J’avais l’impression d’être dans du coton. Que ce que je racontais n’avait aucun sens.
Que ce n’était pas moi. Que cette personne en larmes sur une chaise à raconter comment elle avait tout planifié pour mettre fin à ses jours, ce n’était pas moi.

Il y a 2 ans, j’ai rencontré des gens bienveillants, à l’écoute, qui n’ont pas jugé. Qui m’ont écoutée, accompagnée, rassurée. Qui m’ont sauvé la vie.

Après cette admission un vendredi, on m’a dit qu’on allait me garder un peu, qu’on allait me retaper. Je n’oublierai jamais ce jour là. Où finalement, tout a basculé.

Pendant ce long mois hospitalisée, j’ai pleuré comme je n’ai jamais pleuré, j’ai eu peur comme je n’ai jamais eu peur. L’inconnu était partout et je ne me suis jamais sentie aussi seule. Comme si personne ne pouvait comprendre ce qui se passait en moi.

J’avais foiré dans mon boulot, j’avais foiré mon mariage et je ne savais plus quoi faire ni où aller. C’est un drôle de sentiment, ce vide complet. Cette sensation de ne plus rien ressentir hormis le vide et la tristesse. De ne pas voir d’issue.

2 plus tard, ma fille est plus que jamais ma raison de vivre. Ma raison de me lever tous les matins. Je suis loin d’être une mère parfaite et parfois, je me dis que je suis vraiment une mère en carton mais je suis sa maman et elle m’aime comme je suis. Je lui montre l’exemple que tout se surmonte. Que la tristesse et la peine font partie de la vie mais qu’on peut aussi passer au-dessus. Que même si parfois on s’écroule, on se trompe ; on se relève toujours.

C’était il y a 2 ans. Ma 2ème vie. Merci la vie.

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10 choses sur moi…

Etant donné que je recommence quasi de 0 ici, que tellement de choses ont changé et qu’il y a plein de petits nouveaux ( salut toi, au fond, à droite qui glousse en lisant mes posts ), je me suis dit que ce serait sympa de dévoiler 10 petites choses sur moi.

Au pire si c’est pas intéressant, bin, désolée quoi. 🙂

Je me lance :

  1. Je déteste les pieds (si tu me suis sur Facebook, tu le sais déjà)
  2. J’adore le fromage : genre, je pourrais bouffer raclette tous les jours sans problèmes.
  3. Je parle aussi bien anglais que français.
  4. J’adore colorier, j’avais déjà commencé le coloriage anti-stress avant mon hospitalisation et depuis que je suis ressortie, j’en fais régulièrement.
  5. J’adore l’odeur de mon bébé. Elle sent tellement bon, dans son petit cou et ses pieds aussi (ouais j’ai dit que je détestais les pieds mais elle, c’est pas pareil).
  6. Je déteste mon ventre. J’ai pris du poids à mort pendant la grossesse, j’ai perdu 15 kilos suite à mon burn-out mais j’ai toujours ce bide dégeu.
  7. J’aime être seule, au calme. Ca peut paraître bizarre quand on me connait dans la vraie vie mais j’aime la solitude. Les endroits trop bondés me stressent énormément, le bruit que ça engendre, aussi.
  8. J’ai tendance à tout remettre au lendemain, en me disant que j’ai le temps. C’est un truc que je déteste chez moi. C’est aussi vite fait de suite et on en parle plus. Mais non… J’aime bien traîner.
  9. Ma saison préférée, c’est l’Automne. J’aime les couleurs de l’Automne, le calme qui règne avant la folie de la fin d’année et de Noël.
  10. J’ai peur de mourir. Fût un moment, je pensais que c’était la seule option pour moi. Aujourd’hui, j’ai peur. Peur de laisser ma fille, qu’on se quitte pour toujours. Comme quoi les choses changent et tant mieux.

A toi ! You’re it !

Three things Thursday

Aujourd’hui, je vais lister 3 choses pour lesquelles je suis reconnaissante de la semaine qui vient de s’écouler (oui mes semaines vont du vendredi soir au vendredi matin, thank you very much! )

  1. J’ai passé une magnifique journée avec ma princesse samedi dernier. Juste nous deux. Entre filles. Seules au monde. A se promener, discuter, faire les magasins et aller au resto.
  2. Je suis malade comme un chien depuis mardi (hellloooowww la grippe et sa fièvre toute pourrie) mais Babachon est en pleine forme.
  3. Ma princesse a passé du temps toute seule avec mon copain hier, ils sont allés se promener, au resto toussa toussa et elle est revenue toute contente. Ca me fait tellement plaisir de les voir si proches ! Il s’en occupe tellement bien, ça me touche énormément.

Et toi, c’est quoi tes 3 T ? 🙂

Jour de retrouvailles

Aujourd’hui, on se retrouve et je ne tiens pas en place. On dirait une gosse à Noël : j’ai la boule au ventre, je suis surexcitée et je me demande déjà tout ce qu’on va faire ensemble.

Parce que tu vois, tu me manques tellement quand tu n’es pas là. J’ai lu un article l’autre jour et ça a résonné si fort en moi : un divorce c’est comme une mort où il n’y a pas de corps. Et c’est vrai.

Quand tu repars chez ton papa, la maison est sans dessus-dessous et je tombe toute la semaine sur des choses à toi. Tu es partout et plus nulle part à la fois. Alors oui, une semaine c’est pas grand-chose, ça passe vite, ok. Pas pour moi.

Parfois, je monte dans ta chambre juste pour renifler ton oreiller et il m’est même arrivé de sniffer tes chaussettes. Ouais, ouais, j’assume. Parfois, je pleure au boulot, à la maison parce que j’ai vu ou lu un truc qui me fait penser à toi ou tout simplement parce que le manque est trop dur.

Certaines mamans que je connais me disent parfois : « Putain, c’est cool, t’as des weekends et des semaines juste pour toi ! Je ferais tellement de trucs, moi si j’étais toi ! »

Alors oui, mais non.

Tout le monde me dit de profiter. Ça veut dire quoi profiter ? Est-ce que j’apprécie de faire une grasse mat’ de temps en temps ? Oui. Est-ce que ça me plait de pouvoir faire des heures au boulot quand il faut ? Oui aussi. Est-ce que c’est cool de faire des trucs avec mon copain juste nous deux ? Oui.

Pour moi, ça n’en reste pas moins quelque chose que je n’accepterai jamais. Vivre la moitié de sa vie avec elle. Louper la moitié d’une année avec elle.

C’est pas jouasse comme post mais voilà, je voulais exprimer ce que je ressens.

En attendant, ce soir, c’est la fête, câlins, bisous, doudou et dodo dans les bras l’une de l’autre. Nos retrouvailles. A ce soir mon bébé !

Retour sur cette décennie

De l’avoir lu un peu partout, j’ai eu envie de faire pareil (ouais trop originale la meuf, je sais) et de revenir sur ces 10 dernières années de ma vie.

2010 : je bosse en intérim dans une boîte qui fait du papier. Je pars au mariage de ma meilleure amie Américaine à San Francisco. Je décroche enfin un CDI après quasi un an dans ma nouvelle région.

2011 : nous achetons un terrain et faisons construire une maison. On obtient les clés en octobre pour finir l’intérieur.

2012 : on emménage dans la maison en avril. On se fiance en août.

2013 : je tombe enceinte en juillet. On se marie en août. Je termine l’année en arrêt pour hypertension donc je couve mon bébé.

2014 : Babachon nait un 21 mars. Le moment le plus fort de toute ma vie et dont je suis la plus fière.

2015 : rien de spécial dont je me souvienne.

2016 : je change de boulot, début de la descente aux enfers.

2017 : en janvier, je commence un traitement pour une dépression liée au boulot. Je suis déjà au bout de ma vie. Je me rapproche de celui qui est mon copain aujourd’hui.

2018 : je ne suis plus moi-même. Je vrille complètement. J’ai envie de mourir. Je passe un mois hospitalisée en psychiatrie. Je m’en sors. Je me sépare du père de ma fille. Je déménage pour un appartement seule.

2019 : je change de boulot. J’emménage avec mon copain. Je revis, je me reconstruis et je me lance de nouveaux défis régulièrement.

2020 : A moi d’écrire cette nouvelle année !

A ton tour ! 🙂